Indie Game – The Movie

J’en ai brièvement parlé dans l’article sur Fez, Indie Game – The Movie est un documentaire qui suit les différents entrepreneurs et développeurs de jeux indépendants que sont Jonathan Blow (Braid), Phil Fish (Fez), Edmund McMillen et Tommy Refenes (Super Meat Boy).

Dûr dûr ?

EdmundMcMillen, Team Meat

EdmundMcMillen, Team Meat

Le film suit ces types à différents stages et décrit l’enfer que peut constituer la conception de leur propre jeu : sacrifices sociaux et économiques monstrueux. Sans compter que ces types là, dotés d’un talent colossal en programmation et en art, n’ont pas de recul sur leur travail et connaissent de grandes périodes de doutes et de stress.
Par exemple, à cause de ces raisons, le développement de Fez a duré 5 ans…

De plus, il faut revêtir la casquette de commercial et de markéteux pour organiser les salons (où la présentation du jeu foire) et se faire ainsi un peu connaître des joueurs et créer un peu de hype autour de son jeu.
Il faut aussi espérer que le jeu soit bien reçu, sinon il y a de quoi s’endetter sur des générations. L’attente est l’angoisse causée par la bonne ou mauvaise réception du jeu par les gamers est très bien décrite dans le cas de Super Meat Boy, dont l’équipe a été suivie par les cameramans le jour de la sortie du jeu sur le Xbox Live Arcade.
Dans une moindre mesure et dans un esprit assez égocentrique, l’auteur du jeu peut voir son oeuvre incomprise ; comme ce fut le cas pour Braid, où les joueurs n’ont, selon Jonathan Blow, pas compris le sens du jeu et se sont uniquement focalisés sur le gameplay.

Tout cela est quand même à nuancer avec le fait que le développeur reste entièrement maître de son jeu et peut laisser libre cours à son imagination. Eh oui !, pas de Bobby Kotick (CEO Activision) pour te foutre la pression pour sortir un DLC le jour de la sortie du Call of Duty annuel !
Les jeux qui en sortent sont des œuvres ultra-personnelles, à petit prix et souvent de bonne qualité ; ou alors, le travail est plus apprécié qu’une grosse prod qui merde, tant la créativité et le talent qui émanent des créateurs ressent.
Enfin, on peut deviner l’immense satisfaction que peut apporter l’accomplissement de ce boulot titanesque, amplifiée si on a le sentiment que le joueur s’est amusé et a été impacté d’une façon ou d’une autre par le jeu.


« Le jeu-vidéo est le média ultime de l’art. »

– Phil Fish

Inspirant

Bref, pour en revenir au film, on regrettera peut être l’absence de Markus Persson (Minecraft) qui aurait peut-être nuancé l’aspect globalement cauchemardesque de la création de jeu vidéo peint dans ce documentaire ; et aurait donné un petit espoir, quand on connaît le nombre de copies vendues de son jeu et qu’on sait que ça lui a permis de créer sa propre boîte.
C’est aussi l’occasion pour ceux qui connaissent un peu moins le monde des jeux-vidéo de découvrir un point de vue différent et et assez élogieux de cet univers.

Indie Game – The Movie est vraiment sympa, regardez-le !

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